LES NOUVELLES MESURES DU GOUVERNEMENT POUR LES SALARIÉS ET RETRAITÉS

Le Président de la République a annoncé, le 10 décembre 2018, plusieurs mesures en faveur du pouvoir d’achat des salariés.

Elles figurent dans une loi du 24 décembre 2018, publiée le 26 décembre 2018.

Voici l’essentiel de ces mesures. Notons que la hausse du SMIC de 100 € passerait par une revalorisation du SMIC et par une augmentation de la prime d’activité.

Prime exceptionnelle de pouvoir d’achat

Les employeurs peuvent verser une prime exceptionnelle de pouvoir d’achat aux salariés, sans charges sociales et sans impôt, dont les principales caractéristiques sont les suivantes :

  • Elle est facultative pour l’employeur ;
  • Elle ne peut se substituer à un élément de rémunération prévu par accord, contrat ou usage : elle doit venir en plus de ce qui est habituellement versé ;
  • Elle peut être versée du 11 décembre 2018 au 31 mars 2019 ;
  • Elle peut être versée à l’ensemble des salariés ou à ceux dont la rémunération est inférieure à un plafond librement défini dans l’entreprise;
  • Quand elle est versée, elle doit bénéficier à tous les salariés présents au 31 décembre 2018 ou présents à la date du versement (si elle est versée entre le 11 décembre 2018 et le 31 décembre 2018) ;
  • Son montant peut varier en fonction du niveau de rémunération, de la durée du travail prévue au contrat et de la durée de présence effective en 2018 ;
  • Elle est exonérée de toutes les charges sociales (y compris CSG/CRDS) et de l’impôt sur le revenu dans la limite de 1000 €, uniquement pour les salariés pour lesquels l’employeur cotise à l’assurance chômage et dont la rémunération perçue en 2018 n’excède pas 3 fois la valeur annuelle du SMIC calculée pour un an sur la base de la durée légale du travail;

Le montant de la prime, l’éventuel plafond, les modalités de calcul sont prévus :

  • Par accord d’entreprise ou de groupe conclu avant le 31 mars 2019 ;
  • Ou par décision unilatérale de l’employeur prise avant le 31 janvier 2019. Les représentants du personnel, s’ils existent dans l’entreprise, doivent être informés avant le 31 mars 2019.

Heures supplémentaires et complémentaires : exonération de charges sociales et d’impôt sur le revenu

À compter du 1er janvier 2019, ouvrent droit à l’exonération salariale de charges sociales et à l’exonération d’impôt sur le revenu, les rémunérations et/ou majorations versées au titre :

  • des heures supplémentaires « classiques », c’est-à-dire les heures effectuées au-delà de la durée légale hebdomadaire ; mais également les heures supplémentaires accomplies dans le cadre d’un aménagement du temps de travail sur une période supérieure à la semaine ou d’une convention de forfait en heures ou en jours (et, pour cette dernière, pour les jours excédant 218 à l’année) ;

Il s’agit de toutes les heures supplémentaires qu’elles soient accomplies dans la limite du contingent annuel d’heures supplémentaires comme au-delà, mensualisées ou non, rémunérées en tout ou partie par un repos compensateur équivalent, etc.

  • des heures complémentaires des salariés à temps partiel.

Le montant de la réduction des cotisations salariales est égal au produit d’un taux qui sera fixé par décret. En pratique, il s’agit d’une exonération des cotisations d’assurance vieillesse.

Sur ces éléments de rémunération, seules la CSG et la CRDS et les contributions de prévoyance seront sont dues.

L’exonération sociale salariale n’est pas cumulable avec :

  • une exonération totale ou partielle de cotisations salariales de sécurité sociale ;
  • ou de de taux réduits, d’assiettes ou de montants forfaitaires de cotisations.

Le montant de l’exonération d’impôt sur le revenu est plafonné à 5 000 euros par an.

Hausse du SMIC

Il a été annoncé une hausse du SMIC, qui passe par une augmentation de la prime d’activité (le bonus individuel de la prime d’activité est augmenté de 90 € au niveau du SMIC).

Cela vient en plus de la revalorisation automatique du SMIC au 1er janvier (1,5 %).

La hausse dépassera les plus de 100 € supplémentaires pour un célibataire sans enfant.

CSG des retraités

Le supplément de CSG de 1,70 % ne s’applique plus en 2019 aux retraités dont les revenus de pensions, pour une personne seule sans autre source de revenus, sont inférieurs à 2 000 € net mensuels en 2019.